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La KFOR sécurise les postes-frontières du nord du Kosovo
Challenges.fr | 20.02.2008 | 18:53

Les hommes de la KFor à Jarinje, au nord du Kosovo. Des soldats de lOtan et des policiers des Nations unies ont sécurisé mardi soir des postes-frontières du nord du Kosovo attaqués par des Serbes protestant contre la proclamation dindépendance de Pristina. /Photo prise le 19 février 2008/REUTERS/Marko Djurica
Les hommes de la KFor à Jarinje, au nord du Kosovo. Des soldats de l'Otan et des policiers des Nations unies ont sécurisé mardi soir des postes-frontières du nord du Kosovo attaqués par des Serbes protestant contre la proclamation d'indépendance de Pristina. /Photo prise le 19 février 2008/REUTERS/Marko Djurica (c) Reuters

Par Shaban Buza

PRISTINA (Reuters) - Des soldats de l'Otan et des policiers des Nations unies ont sécurisé des postes-frontières du nord du Kosovo attaqués mardi par des Serbes protestant contre la proclamation d'indépendance de Pristina.

"Je tiens à ce que chacun soit pleinement conscient de ma détermination à maintenir, rétablir un environnement sûr partout au Kosovo", a déclaré le général Xavier de Marnhac, commandant de la KFOR.

Il a ajouté que l'autorité du Kosovo et de l'Onu serait rétablie aux postes-frontières - Porte 1 et Porte 3-1 - qui seront rouverts dès que les bâtiments des douanes et de la police, détruits par les manifestants, auront été reconstruits.

Les Occidentaux ont ainsi été amenés dès mardi, deux jours après la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo, à montrer leur détermination à soutenir cette indépendance, au besoin par la force.

Ces attaques de la minorité serbe du Kosovo, province sécessionniste serbe dont la proclamation d'indépendance a été reconnue par une majorité des pays de l'Union européenne et par les Etats-Unis, soulignent les défis qui attendent la mission de police et de justice que l'UE doit déployer dans les mois à venir pour accompagner l'émancipation du jeune Etat.

Le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, a condamné ces attaques qui, a-t-il dit à Strasbourg, "sont très regrettables". "Nous ne serons jamais en faveur de la violence", a-t-il ajouté en précisant qu'il s'agissait de la position officielle du gouvernement de Belgrade. Mais peu auparavant, son homologue chargé du Kosovo au sein du gouvernement serbe, Slobodan Samardzic, avait déclaré que ces attaques n'étaient "peut-être pas très jolies, mais légitimes".

RESPONSABILITES

Joachim Rücker, administrateur de l'Onu au Kosovo, a vivement contesté la légitimité de ces opérations. "Le gouvernement serbe est lié par son engagement à s'abstenir de tout acte pouvant être perçu comme un encouragement à la violence et c'était vraiment de la violence, de sorte que je suis en désaccord avec cette déclaration", a-t-il dit.

Les postes-frontières sont restés abandonnés pendant quelques heures mardi après le retrait des polices kosovar et de l'Onu, qui ont appelé l'Otan à la rescousse.

Une quarantaine de militaires français et américains de la KFOR ont installé des rouleaux de fils barbelés devant le poste de Jarinje incendié dans la journée de mardi par des Serbes qui ont précipité dans un ravin les véhicules des fonctionnaires.

Les hommes de la KFOR ont été la cible de jets de pierres, mais ils ont tenu leur position sans incident majeur, appuyés par une unité polonaise de la police de l'Onu. L'Otan a aussi sécurisé l'autre poste-frontière, près de Zubin Potok.

Le général de Marnhac a accusé "certains dirigeants locaux" du nord à majorité serbe de mettre en danger des femmes et des enfants. "Tout le monde a eu beaucoup de chance que cela se soit passé ainsi. Mais les dirigeants devraient bien réfléchir à leurs responsabilités lorsqu'ils déclenchent ce genre de manifestation", a dit l'officier français.

Le Premier ministre kosovar, Hashim Thaci, a estimé lui que les propos du ministre serbe Samardzic "appartiennent au passé et ne correspondent absolument pas à la situation actuelle".

REUNION DES MINISTRES DE LA DEFENSE DE L'UE

La déclaration d'indépendance du Kosovo a été dénoncée par la Serbie et la Russie qui y voient une violation de la résolution 1244 de l'Onu sur le Kosovo, dont la population est en grande majorité albanophone.

La Serbie a rappelé ses ambassadeurs dans les pays ayant reconnu le Kosovo et elle prévoit pour jeudi une grande manifestation à Belgrade, mais elle a dit qu'elle n'aurait pas recours à la violence.

La mission de police et de justice que l'UE doit déployer dans les mois à venir n'est pas couverte par un mandat de l'Onu. La Serbie ne reconnaît pas son autorité et son allié russe a prévenu qu'il ne permettrait aucune tentative de "mesures répressives au cas où les Serbes du Kosovo décideraient de ne pas obéir".

"La décision unilatérale de l'UE d'envoyer une mission (...) au Kosovo va à l'encontre du droit international", a déclaré mercredi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

La Russie, qui ne dispose pas de troupes dans les Balkans, estime que la reconnaissance du Kosovo par les Occidentaux va ouvrir la "boîte de Pandore" des tensions séparatistes dans toute l'Europe.

Le nouveau représentant spécial de l'UE à Pristina, Pieter Feith, a déclaré lors d'une conférence de presse que les Serbes du Kosovo devraient rester et se sentir bienvenus dans la nouvelle République mais que le nord à majorité serbe ne serait pas autorisé à faire sécession du Kosovo.

"L'Union européenne a l'intention de déployer sa mission de maintien de l'ordre, sa police, ses juges, ses magistrats partout au Kosovo", a-t-il dit. "Et tout le territoire du Kosovo inclut le nord."

Les ministres de la Défense de l'UE examineront jeudi les dispositions de sécurité dans les Balkans.

L'Otan a dit n'avoir pas l'intention dans l'immédiat de réduire les effectifs de la KFOR constituée de quelque 17.000 hommes fournis par 35 pays, avec en tête l'Allemagne, l'Italie, la France et les Etats-Unis.

"On discutera d'une prolongation de la mission", a déclaré un porte-parole de la Slovénie, présidente en exercice de l'UE, qui accueillera la réunion de deux jours près de Ljubljana.

Avec Mark John à Bruxelles, version française Jean-Stéphane Brosse et Nicole Dupont


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